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Texte Libre

Une liste à la Prévert au pouls du  regard ou d'écriture... des fragments du monde, de ce qui le fait défaillir, tressaillir, sourire...Jeter colères et cris par manque de montagne ou de mers dans nos urbanités...Fixer des vertiges les jours ou nuits où l'envie de partager se fait plus forte....

Derniers Commentaires

Dimanche 6 mai 2007

Se couler dans les longueurs de chlore. Je n'arrive pas à taire mon inquiétude.
Sortir du refuge aquatique. Soleil, feuilleter le carnet rouge. Sourire des choses écrites çà et là.Le livre que j'aurais aimé offrir hier...

"votre corps a la mémoire apaisée de deux ans passées." (kiné).
"il y a les femmes auxquelles ils pensent et celles avec qui ils vivent. Il est rare que la coincidence soit"
"joue dans la poussière/ corps en plein l'ivresse" ( paroles de Natiembé hier soir)
Epuiser le corps dans la balade nocturne pour que l'âme s'apaise. Penser au fou rire ce soir, non partagé.
A la demande de mariage prévisible de l'homme avec lequel j'ai fait la route d'Anvers à Barbès.
Me dire que j'aurais préféré embarquer l'ami sur les hauteurs de Belleville là-haut chez Michel et son pouls de résistance.
Passer le zeste amer de la fin de soirée, impression d'avoir noyé les inquiétudes et les archipels dans le bruit chaotique des voix et des verres.
Sol, ré, si mineur
falaise/ île..toujours ce texte qui me résiste....

Bureau de vote, isoloir....Eliminer l'ombre possible en apportant ma voix noyée dans d'autres.
Passeport, carte électorale. Est-ce que ça suffira? de mettre le nom de celle qui éloignerait la menace dans l'enveloppe bleue? Est-ce que cela aura un sens encore demain: republique, démocratie?                 



" Avec de tels yeux et un sourire comme le vôtre, vous c'est d'office!"
Me voilà recrutée pour le dépouillement...Et si la nausée me prend à la vue d'un certain résultat?


- Publié dans : Résilience/Papier froissé
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Samedi 5 mai 2007

Un pouls de résistance battait, rouge,chaud fièrement, humbleme nt sous les voûtes du théâtre des Bouffes du Nord. Des mots, des ailleurs, des voix libres qui veillent....

Le festival Jazz Nomades, La voix est libre! 2007 proposait hier soir une soirée Archipels. Forme de territoires, éparpillés en insularités, traversées par la même langue, redéfinie par la mer, le temps et les hommes. Une humanité géographique réelle, solidarité ici disparue ce sont aussi nos vies traversées par des affinités qui font nos océans et nos rares "communes présences".* Transmettre une histoire, s'en faire passeur, la protéger, la faire vivre...Apprendre à résister, à ne pas se laisser que les oripeaux de la colère pour avancer...

Edouard Glissant et sa conception du Tout-Monde ouvrait le bal. Sa langue mêle souvenir d'enfance et quête identitaire de la Martinique, la reconnaissance de l'être par le créole, passerelle pour s'ouvrir l'Autre. Nathalie Natiembé prît le relais en solo voix et tambours la voie du maloya. Le duo Denis Charolles, géotrouvetout-gepetto de la batterie et autres ustensiles et David Murray, subjuguant saxophoniste. Des poumons dont le tempo s'accorde au rythme ternaire du maloya. Une prestation inégale, la présence de la voix était louable mais en deçà de l'idée que l'on peut se faire du maloya, les musiciens se sont coulés avec volupté et ludicité aux variations de la mélopée insulaire.

La seconde intention aux accents de dissidence humaniste de Jazz Nomades est la voix libre. Je vous laisse décliner les variations possibles autour de ces deux mots. Le choix du maloya est, on ne peut plus judicieux et explicite par les temps qui courent. Le maloya vient du malgache "maloyo aho" ( qui signifie parler, dégoiser, "répandre son âme dans l'air" ), chant évoluant entre complainte et chroniques quotidiennes. Il prend ses racines,  dans les voix des esclaves exilés et brimés par leurs maîtres. Il se fait par la voix porteur d'une mémoire, d'une identité et d'une résistance écorchée et pugnace.

Danyel Waro ressemble à un Léo Ferré qui n'aurait pas lâché la main à son enfance, n'en finissant pas de se soûler au grimoire de la Réunion. Ses chants transmettent la mémoire odyséenne et métissée de l'île. Son interprétation restitue l'harmonie anti-communautariste des ethnies et religions, coexistant sans s'entredévorer, ni reconduite d'une domination de mauvais aloi. Ainsi, il vous fera par des variations de voix et de postures la scène d'un habitant du village, puis de chacun(le bougon, le cafre ( nom donné aux noirs de l'île parfois connoté péjorativement), la grand-mère..) se joignant à la mélopée, autour du feu. La musique a le tempo blues de la mémoire et l'insolence capricieuse de ceux qui tiennent debout. Le charisme de Danyel Waro , associé à l'homme dont "le coeur chatouille les cordes" Titi Robin, accompagné de leurs musiciens respectifs (percussions, basse, accordéon) assure le lien des paroles d'archipels à ce Tout-monde.

Comment se représenter un pouls de résistance? Dessinez un théâtre à l'italienne aux murs rouges décrépis, une voûte mauresque, le tout nimbé d'une lumière d'âme. Devant les musiciens et le passeur de maloya, un espace aussi libre que la voie. Les silhouettes des femmes sont habitées par la mémoire voyageuse de l'Afrique et de l'Inde. Leurs ombres et leurs gestes sont délestés de ce qui pèse, ne reste que l'essentiel cette résistance de l'âme. La parole prend des airs de lâcher prise ou de joutes corporelles ou musicales.

Figurez-vous aux abords de la scène, aux rebords des balcons, des êtres aussi voyageurs faussement immobiles se laisser gagner par la fugue majeure. Si vous laissez les percus et la voix vous gagner, vous vous déferez de ces rictus occidentaux du corps quand il s'agite sur une musique. Apprendrez à laisser ce poing chamade au ventre vous mener par le bout de l'âme.

Il y avait autant de raisons différentes d'être venu aux Bouffes du Nord pour chacun. Il y avait la même commune présence inquiète ou sereine, selon les personnes, de demain. Un pouls de résistance est une voix libre, à contre-courant, qui refuse de se laisser gagner par la ligne de flottaison. Il y avait autant l'envie de se délester de l'inquiétude que le ravissement humble d'avoir été là archipel ce soir...


Merci à C.R, pour l'invitation insoupçonnée au voyage

http://www.jazznomades.net
- Publié dans : Scènes
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Vendredi 4 mai 2007

Gare De Brunoy, arrêt du rer d
Comme chaque vendredi, la
communauté juive de Brunoy est présente sur le quai. Transhumance
immuable: kipa, lèvres en mouvement muet penchées sur les pages, les
tsitsit et les talith couvrent les épaules.Le matin, c'est le Coran qui
habite les mains de certains passagers. De quoi supporter le jour à
venir, de tenir debout? Je m'interroge toujours sur ces actes: moyen de
se rassurer, éviter de penser? perpétuer sans se poser de questions des
actes? s'armer ou se protéger?
En m'installant, je remarque un duo
de cousins: l'un des deux adolescents est habillé autrement: juste la
kipa le rallie aux autres.
Le train repart, chacun poursuit sa solitude ou sa fugue : sudoku, livre, mp3, sommeil...
Les
portes entre les wagons s'ouvrent, passent trois adulescents: encore
dans les rites vestimentaires pour s'identifier (baggy, gothique,
rock..), des attitudes qui se veulent dédaigneuses, à force un rictus
d'épaule jetée, une nonchalance feinte, peau d'ado et l'âge d'homme sur
le visage.

Située à l'étage,je ne fais pas cas de leurs présences, ni de leurs manières d'aller et venir en claquant fort les portes.

Une phrase claque
L'un deux fond sur l'ado repéré à Brunoy, il se lève, l'autre le coince entre le siège rabattu et la porte
- Tu m'as regardé, toi?
l'ado surpris dément.
- File-moi ton mp3.
- Non, je ne veux pas.
- Ecoute vous vous avez la thune, des gens comme nous on a rien, tu vois
Il accompagne ses paroles, de poings sur l'épaule de l'ado, de main qui tente de le prendre par le cou.
- Laisse-moi tranquille, j'ai rien, pas d'argent, rien. ( L'ado parle fort pour attirer l'attention).
Pendant
un moment, j'ai pensé qu'ils se connaissaient, qu'il s'agissait d'un
règlement de compte. Puis il y a eu cette tension sourde de colère qui ne m'a pas lâché.
Celui qui agresse, est accompagné d'un autre qui assure la "surveillance".
Celui qui mène la danse, fait asseoir en employant le ton de la confiance l'ado
- T'as quel âge?
- 15 ans et demi
- Quoi?! Ecoute-moi j'ai 18 ans, tu fais pas 15 ans mais ça on s'en bat les c.......Tu me dois le respect d'accord!

- J'ai rien, je te dis que j'ai rien.
Le
troisième adulescent arrive( le punk gothique de service) prend le
meneur à part "tu fais pas le con, tu fais pas ça à la famille".
Ils simulent une bagarre.

L'ado tente de partir, le meneur le plaque contre la porte.

Je regarde l'homme aux bras élevés au gymnase-club qui se trouve derrière eux
la femme qui est en face de moi, mutique sur sa grille de sudoku.
l'homme à ma droite, idem pour lui
puis ceux qui se trouvent à l'étage: 7 hommes et 4 femmes
AUCUN NE BOUGE, PLONGER DANS LEUR INDIFFERENCE: sudoku, sommeil...nullement paralysés ou mobilisés par la montée de la tension.

j'hésite:
descendre? impression d'etre la seule à me rendre compte de quelque
chose. descendre seule? la peur me gagne, je m'en veux de ne pas avoir
assez de cran pour aller seule, ou même ouvrir la bouche, faire
semblant de connaître le gamin. Ne pas rester sans rien faire. Je
regarde la scène, je ne quitte pas des yeux ce qui se passe. L'un d'eux
m'a vu, je ne lâche pas. Mais je ne descends pas. Instinct ou peur?

Le meneur plaque le gamin, lui prend sa psp et son mp3.
L'ado proteste toujours verbalement, il repose de la main les poings de l'autre; évite de répondre à sa violence verbale et physique.

Le rer s'arrête à Maisons-Alfort, les trois adulescents disparaissent.

Je regarde les passagers. Aucun n'a bougé, aucun.

Au terminus du rer, nous serons 3. Trois femmes à laisser nos coordonnées à l'ado.
Alors que nous parlons au gamin, un homme carrure de Mister T vient
- T'as fait quoi toi?
Nous regardons tous l'homme abasourdis!
- T'es grand, t'as 15 ans! T'aurais dû te méfier, ne pas te laisser faire, c'est la petite racaille!
Nous
lui répliquons que ce qui est intolérable c'est qu'il lui prodigue de
tels conseils, qu'il n'est pas "normal" de se faire agresser ainsi. Je
souligne qu'avec sa carrure et qu'avec l'aide de quelques hommes, je me
serais sentie plus forte.
- Ben pourquoi vous n'êtes pas descendue !!
- Parce que 1) seule vu l'état des trois, j'ai eu peur 2) je pensais que des personnes réagiraient quand je me suis levée
- Fallait descendre!
Les deux autres femmes réagissent
- Et vous?
Le cousin de l'ado le rejoint, ils partent au commissariat.

Chatelêt, au changement de métro
Je
pense à tout ce que j'aurais pu faire: appeler la police de
maisons-alfort, intervenir, filmer meme si les pixels du portable ne
permettent pas grand-chose. Je culpabilise de n'avoir fait ça :
regarder les yeux grands ouverts et lui apporter mon témoignage.
bureau d'information, je raconte brièvement, la colère ne me quitte pas
- L'agression est terminée, là?
-
(hallucinée par la question du guichetier) Encore heureux! Vous ne seriez
pas
( m'arrêter à temps!). Dans ces cas-là, on peut faire quoi
concrètement? tirer le signal d'alarme?

- Ben non, le train s'arreterait mais les portes s'ouvriraient!
- appeler la police?

-
Oui mais là vous êtes à Paris, alors que les mecs sont descendus à
Maisons-Alfort! Si c'était sur le rer A, on pourrait faire quelque chose

-( Rire de ma part) Ben voyons! Vous vous plaisantez, non? Le rer a vous avez vu les villes qu'il dessert, les passagers?
- Ben c'est là qu'il y a la plus forte présence de policiers.
- Evidemment! ce matin sur mon trajet j'en ai croisé 3 fois en trois quarts d'heure! et là personne!

Il appelle un de ses collègues, je m'aperçois que je souligne des choses qu'ils savent, une violence quotidienne à laquelle ils se sont habitués à défaut d'y faire front.

C'est la 1ère fois en cinq ans que j'assiste à ce type d'agression...

L'indifférence, l'inertie autour de moi
la peur qui m'a empêchée
la colère me sauve, pourrait-on me dire?

et je pense à dimanche...
Cela ne change rien à mon vote
Ma lucidité n'est pas non plus aveuglée par le fait que trois femmes soient venues voir ce gamin....

Je ne me reconnais pas dans ce visage-là...dans cette indifférence...

Ce matin j'ai vu les résultats noirs du 2ème tour....Je souhaite avoir tort...Fort/Forcé/ment...

Article rédigé ce dimanche, la colère ne m'a pas lâché depuis....


- Publié dans : drôle d'ère
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Dimanche 29 avril 2007
Juste un de ces moments rares, quasi désertés dans cette ville, où rien n'est calculé uniquement pour le bon son, placer la set-list, tenir la marge horaire. Imaginez un boxeur qui entre sur scène comme on monte sur un ring avec l'envie de rire de sa mélancolie. Une silhouette trappue, tout noueuse et nerveuse. Autour, une fine équipe ressemblant à un équipage de Jack London: des regards, des sourires, des dialogues guitare-violon, batterie-guitare. Franck m' ébouké, batteur de Carlotti complète le quartuor:
Raphael Chevalier a le visage d'un personnage de Tirtiaux, Sébastien Lementec à la guitare et  Bertrand Pennetier à la basse et aux claviers ressemblent à des jumeaux de Lynch grandis à la péninsule. Da Silva a faussement l'air de ne pas vouloir vous déranger, s'excusera de ne pas avoir chanter "enfermons sarko", assumera sa mélancolie communiste ( Miossec) donc accessible à tous! S'il souligne,le rôle de chacun dans le groupe et dans leurs vies, quelque chose ne semble pas vain dans ce souci de mettre en valeur. L'humanité non feinte, l'aventure humaine et l'amitié palpable d'un groupe, je n'avais pas oublié. Juste que jusqu'ici le policé, la pose, le dress-code tuent la manière de vivre son art. Il y en aurait certains que j'aurais pris par la peau du cou pour qu'ils le respirent, le goûtent ce rock-là. Quand les concerts ont ce gôut d'authenticité et de partage, ça efface l'amertume des jours passés, les bleus esquintés.

La scène ressemblait à un navire fourbu, des panneaux de toiles, voiles d' après la tempête. Des ciels rouges ou bleus, brumeux ou à ciel ouvert. Embarquer à bord, c'est un rythme mené tambour battant , un son puissant, au service du verbe. Plus virtuose, plus ciselé qu'auparavant, Da Silva et les siens ont mis une fameuse claque au public habitué à  vivre un concert assis.Le café de la danse a enfin daigné se bouger avant de succomber à Da Silva, sonné.  Dernière date, envie forcément de savourer la semaine écoulée à bout de souffle, en ayant plus rien à perdre. Le boxeur, au bras droit tatoué, a gueulé pas pour la frime, juste parce que la scène doit faire partie de ces rares moments où il se sent chez lui. Un concert comme un orage inattendu, avec la pluie d'après, celle qui lave, qui vous fait vous moquer de vous, les plaies ne seront pas pansées, mais au moins on en aura ri. Bien sûr , il y aura eu la colère, le temps qui entame les liens, l'absence qui mord, les désirs de fuite majeure. Nos vies  en 2h30, des déferlantes et des  mers en vent arrière...

Découvrant les paroles du dernier album, des uppercuts de phrases à mordre les joues, des vérités à mettre les larmes. Forcément des flous sur les images, mauvais placement face à la scène. Qu'importe, ce samedi soir sur la terre valait la peine d'être vécu...

chapeau bas au café de la danse...( chaque concert une lumière chiadée( pas de bleus, ni de rouges faciles), un son d'écrin...
- Publié dans : Scènes
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Samedi 28 avril 2007

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...


Boris Vian

Il y a des textes que ça soit Serge Reggiani  ou d'autres qui les chantent qu'ils seraient bon d'aller déployer dans nos gorges , sous un ciel-gueuloir...Dans nos cités, il ne nous reste plus que le creux des arbres ou de souhaiter un orage d'été en plein mois de janvier....

A Cécile, Danaë, O., N., mon frère, et à ceux qui comptent....

- Publié dans : Les mots justes
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