Samedi 16 juillet 2005
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1984. 26 pays d'Afrique touchés par la famine se regroupent dans des camps, au Soudan. L' Etat d' Israël et les Etats-Unis organisent l'opération Moïse : emmener des Ethiopiens Falsashas vers Israël. Dans l'un des ces camps, une mère chrétienne pousse contre son gré son fils de 9 ans à se déclarer juif pour le sauver. Arrivé à Tel-Aviv , déclaré orphelin il est adopté par une famille sépharade....
Juste esquisser le synopsis, avoir les clés pour lever le voile sur ces parts sombres du dessous des cartes géopolitiques, comprendre à demi-mots le trouble des regards des forcés à l'exil. Suivre le parcours de ce bout d'homme qui construit son chemin avec les élans et les heurts de ces mots : " Va , vis et deviens . Ne reviens pas avant." Avant quoi, deviens qui , quoi ? Des questions sans réponses que Schlomo va tenter de résoudre. Il trouve son équilibre en conservant en secret un lien avec son identité originelle , en empruntant la judaïté comme identité de survie. Les parents, interprétation juste et équilibrée de Rosdy Zem et Yaël Abécassis, connaissent son secret et le défendront avec l'instinct du lien du sang. Sa couleur de peau réveille et charrie ce que la bêtise humaine peut générer face à ce qui est autre. Elle sera aussi son rempart , celui qui contiendra ses exils-errances, points de suspension sur son devenir. Même si l'histoire filmée n'est pas exemptée de bons sentiments , Ranu Milaimeanu parvient à travers l'humour , la colère mesurée à rendre ce parcours de vie émouvant, intense....
On est troublé par cette opération Moïse, par la manière dont elle est menée , l'acharnement de l'Etat d'Israël à l'intégration. Les Ethiopiens Falsahas sont emmenés la nuit de leurs camps à Jérusalem , les vêtements brûlés , leurs noms changés , les circoncisions de force seront tentés, leur appartenance à la religion remise en question. Touché, on l'est par l'hsitoire de Schlomo, sur la subtilité avec laquelle il ne perd son identité première de vue ( la lune sera le lien avec sa mère depuis la nuit de l'exil jusqu'à...), la pertinence aveclaquelle sa couleur de peau est confrontée aux extrémismes de certains. La scène finale vous laisse longtemps silencieux dans la salle obscure, dans la rue au sortir de cette dernière...
Le réalisateur ne perd non plus de vue que l'histoire de ces 26 pays n'est pas terminée. Le fléau est toujours présent. Les images vues en 1984 prises par Salgado existent encore en 2005 prises par les médias, reléguées au second plan. Les histoires derrière ces visages croisés qu'on ne voyait pas comme ça...http://vasvisetdeviens-lefilm.com
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