Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Texte Libre

Une liste à la Prévert au pouls du  regard ou d'écriture... des fragments du monde, de ce qui le fait défaillir, tressaillir, sourire...Jeter colères et cris par manque de montagne ou de mers dans nos urbanités...Fixer des vertiges les jours ou nuits où l'envie de partager se fait plus forte....

Derniers Commentaires

Expos

Samedi 9 juillet 2005
         Un après midi paresseux qui se love en atome de langueur dans le corps , tentation de rester dans sa bulle, de prendre des nouvelles du dehors...Remonter le boulevard de la Chapelle, slalomer entre les voitures, vent et soleil urbain, silhouette perdue dans le dédale des embouteillages , musiques des souks, sapes d'Afrique..Rencontre avec le sourire de Nour, huit ans qui m'invite à voir l'arrière-cour atelier de son grand père, silence des cours secrètes de Paname....

       EXPO "ECRITURE EN DELIRE"..Des mots et des dessins, dans la pénombre, pris dans des formes géométriques , des langages nouveaux proches du dadaïsme, du futurisme, de bauhaus..Autoportraits troublants semblables à ceux de Bacon , Basquiat,Van Gogh...Cris tatoués sur des bouts de tissus , des pétales de fleurs ,traversés de mysticisme , de folie amoureuse religieuse, figures récurrentes le nazisme , la peine de mort...Demandes parfaitement calligraphiés s'adressant à l'état, aux médecins cherchant à être au monde,  sorti de la marge...Certains documents sont des témoignages explicites de folie , quasi incompréhensibles...D'autres sont des vérités troublantes: les  mots semblent jetés au gré d'un chaos, désordre de la synatxe ; mais le sens nous parvient.
     "Le plancher de Jeannot"  Deux pans de murs faits de planches manuscrites : le bois de la chambre de Jeannot, tombé  dans une crise irréversible de schizophrénie, il y a inscrit son "délire" : " La religion est une machine à penser qui emprisonne les esprits"..Aimable Jayet "Pourquoi on embarque sur océans?"...Lotte Morin Yego : "Je vends mes baisers/mille franc/mille bécos/mon nu mille francs/mon tout un million/je vends à crédit/qui me libère /c 'est gratuit et je paye l'offre/Lotte Mignon/poupée chiffon Hetrz/etoile en carte 267550"...Parmi eux l'ombre d'Antonin Artaud, de Louis Althusser, Camille Claudel....

         Dehors, lumière solaire me mord.."vs avez un message": "G.c'est R. .J'appelais comme ça.  J'avais besoin d'entendre ta voix , elle est rassurante ta voix "..La voix de mon frère, compagnon des traces d'êtres croisés dans la pénombre juste avant...Besoin de sentir le monde vibrer à travers mon corps et dans mes yeux...
Par naew
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 19 septembre 2005
Lumière de début d'automme, un temps qui presse doucement, une envie timide de mordre les joues du soleil, un plaisir ravi d'adolescence qui cogne aux veines...

Impatience d'écouter le live de Noir Désir. Variations de rouge et noir sur les rayons. Prendre la promesse de quelque chose de vivant étreint dans le voile de platisque. Sortir des Halles, de l'air, de la rage, de la lucidité. Attendre encore un peu..

Croiser un énergumène veut m'offrir un rat. La bête est belle certes mais pourquoi moi? Je réponds
immédiatement que mon chat serait ravi. Un inconnu vous offre un rat, c'est l'effet magique de quoi?..

Retrouver J. à Beaubourg, prendre des images  juste une  ou deux..Déjà vu les couples face aux tubes de Beaubourg, les beaux et bels endormis.Envie de prendre leur dualité solaire, leurs enchevêtrements de désirs ou de rêves, leurs ombres portées.

Expo Magnum à Beaubourg
Visages de lieux et d'êtres d'Europe. Les regards sans sensibilité sont trop présents, un brut  anecdotique, souvent frontal. Pas d' image qui prenne votre main et vos yeux de force pour vous montrer le monde cru, dur, vrai. Des regards à l'oblique, témoins d'une rencontre, d'une conscience bousculée par une réalité sont rares.

Les jeunes filles de Lise Sarfati immobiles sur l'écran, deviennent, à fleur de peau des présences invisibles, grâce à une voix mêlant murmure de mer et leimotiv d'un mot russe. Douceur et dureté de l'exil intérieur des ces visages de l'est.

Holy Land de Carl de Keyser. La main d'un homme tenant un Times, les barreaux d'un balcon. Une liberté menacée ou tellement protégée qu'elle perd son sens. Les mots du journal " Sanction/testimonial/O.N.U".Le vertige du balcon, la voiture qui attend.Un désir de fuir comme interdit par ces obstacles ferronés.

L'Estonie d'Alex Majoli est un tryptique composé au centre d'un panneau représentant des lignes ferroviaires pour échapper à l'ici d'Estonie ou des lieux pour désespérer d'ici ou le réinventer. Sur les côtés, des visages magnifiques, burinés par le temps de l'Histoire et les espoirs déchus ou en attente.  Des phrases  se glissent sur l'écran entre deux visages. "People love and hate in a similar way ". Un road-movie immobile aux ailes de désir fâné. Un regard pris aux prismes d'un pays à l'identité tue sous l'empire russe.
 

Expo Wish you were here  28, rue Beaurepaire 75010 Paris

Des ailleurs tout en espaces et en visages. Kaléidoscopes de sensations, de transhumances.  Le travail de Savine Dosda est un retour en mémoire guadeloupéenne, des portraits forts, de sentiments retranscrits avec justesse. Une saudade au fil du voyage, du temps des âmes. Le corps de la femme froissée étreint doucement par le temps à la surface de la mangrove, sa main dans l'onde aqueuse  que j'emporte sur mes rétines..Rencontrer Savine, mettre un visage sur des images rapportées du monde, discrète...Des conversations en suspens à venir sûrement...

Après-midi simple avec un doux sourire sur les lèvres...Des images et des visages..des nouvelles du dehors...

Par naew
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 1 février 2006
Labyrinthe sans méandres, des images et des mots. Au loin, une voix espiègle et  humaniste.  Remonter le cours de la mémoire et  des lignes de vie de Mr Ronis. Des croquis, des pentax, rolleiflex. Adéquation engagée d'un regard et d'un esprit.

- Le coeur résolument à gauche.

- J'ai photographié mes semblables qui n'avaient pas une vie des plus facile, qui cherchaient le bonheur parfait. Sans trop savoir moi-même ce que c'était le bonheur parfait.

- Belleville, je n'y étais jamais allé mon père appelait ce quartier "le quartier des Apaches".

- Au Louvre, j'allais uniquement voir les peintres flamands. J'ai appris à regarder la foule, les petites gens. Pour la lumière c'est Rembrandt.

Mouvements sociaux. Scènes de rue. Instantanés captant l'insolite, les lignes graphiques d'une ville entre passé et avenir, jeu des  ombres. Lumières joueuses et rares...

Une rencontre confirmée sur le fil du noir et blanc..Fraternité silencieuse..Mr Ronis habite à quelques stations de  métro, emprunte le bus 26..Juste à coté de chez moi et je n'ose pas...

Par naew
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 2 février 2006
Prendre une boite à image argentique. Partir au sud vers le continent africain. Entre quelques heures, capter des fragments de l'heure bleue. Quand les contours de la nuit et du jour se confondent, les masques s'affalent et un visage nouveau apparait. Les corps se clandestinent, toujours en mouvement. Couleurs magnifiées, intenses ,amplies d'une respiration à venir, sans le poing de coté du jour harassé.

Dans l'espace du centre Iris, dédale de voûtes. Des images  du Mali, d'Agadez. Le profil d'une enfant qui danse. Brasero d'une plage de l'Erythrée dans un rétro rouillé. Des hommes attendant au café. Des femmes pensives. Enfants et adolescents jouant avec le feu. Des lumières endolories dans le hamac du quotidien. Un Nil aux rives indécises, parenthèses interrompues entre jour et nuit..

Passeport qui démange..Images derrière les mots et lettres de Rimbaud..Le profil de Corto en filigrane..Vouloir inscrire mon regard..Poser ma main sur les deltas...Etreindre de la paume, d'un cil le soleil, dos lové dans la nuit à venir....Ailleurs intensément, résolument....

Expo Centre Iris, 238 rue Saint-Martin 75003 Paris

Photographes exposant Denis Dailleux, Catherine Laurent,Sté^hane Lavoué, AnnPuig Rosado
Par naew
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 4 mai 2006
Rennes 1995
Le jour où j'ai rencontré Pierre Bonnard, des voix se confiant ,me parvenaient de part et d'autre de la salle d'attente où je me trouvais. Cabinet d'un frère et d'une soeur psychanalystes,pour le premier des rires souvent, la seconde une odeur de silence et de peurs froissées tenues fort dans les poings.Dehors on entend
les passants battre le pavé de leurs voix, Armand le clochard fortuné  selon certaines rumeurs, prend quelques mains et revendiquent des sourires. Un numéro de Beaux-Arts un peu marqué par la patine du temps et les mains  tourturées des non-dits qu'il faudrait délier au  rendez vous à venir ou plus tard.

Lumière chaude, entre ombre et soleil. Des scènes défragmentées par le prisme des couleurs du sud, réminiscence impressionniste. Des femmes nues surprises dans leur bain. En les regardant, on imagine le silence d'une matinée ou d'une après-midi, le bruit unique de l'eau bouleversée par la main ou le corps.Les paysages ne m'intéressaient pas. Les êtres, leur solitude nue et pleine, me semblaient incarner,pas uniquement des être de toile. Quelque chose de doux et serein, rendue accessible par Pierre Bonnard,loin de m'être étrangère.

Puis il y eut ce tableau tout en verticalité, camaieu de marron, aperçu dans le bas d'un article. On devine un enfant au premier plan de dos,absorbé dans son jeu. De ces bulles que l'on s'invente enfant, que l'on retrouve plus grand quand on se laisse emporter dans un courant autre que le quotidien , les règles, la vie du dehors. La scène pourrait sembler anecdotique,son épure la rapproche des estampes japonaises. La simplicité de l'enfance et cette gravité de l'absence faite au présent par l'enfant impose sans étouffer un silence énigmatique. Un an après , je trouverais la reproduction de cette scène. Un besoin impérieux, inexplicable d'avoir cette image avec moi. Aujourd'hui, elle est toujours chez moi, elle m'apaise simplement.

Paris 2006
Musée de la ville. Attente des derniers jours. J'ai rendez-vous avec Pierre Bonnard, reformuler ces mots "quelques heures dans la lumière de bonnard". J'aurais pu proposer à quelqu'un de me rejoindre. J'aurais pu. Dans l'attente, je réalise que j'ai été le plus souvent seule dans les musées pas par asociabilité ou autre. Juste que je veux étirer le temps dans ces espaces selon l'envie sans que l'autre ait à m'attendre.
Il m'ait arrivé de manquer des rendez-vous  prise dans la parenthèse de ces lieux, d'arriver en retard confuse mais avec le sourire qui semble ne pas du tout s'excuser!!

Avec Bacon, il y eut aussi cette sensation étrange d'être en présence. Les livres, le net, les cartes postales..sont des présences différées, une distance une peu distraite. En face d'elles, en taille et présence réelles, il y a un trouble étrange, une timidité, une fraternité un peu bancale entre soi et un être, ou instant de papier.Loin de n'être qu'un dompteur de la lumière, il y avait aussi L'enfant au seau.
Puis un tableau...le boxeur ...






Par naew
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés